Une réflexion intéressante...

Bruno Julliard, Président de l'UNEF, vient de publier cette tribune intéressante qui aurait pu s'appeler "On ne réformera pas sans la jeunesse", car c'est un cri de la jeunesse à l'heure où une fracture civique s'est creusée de manière conséquente entre les générations.
A réfléchir...
On ne réformera pas sans les étudiants
Pour la première fois dans une élection présidentielle, le chef
de l'Etat n'a pas été élu avec les voix de la jeunesse. Alors que
Jacques Chirac obtenait 55 % des voix des 18-24 ans en 1995 et que
François Mitterrand en obtenait 60 % en 1981, cette année Nicolas
Sarkozy ne recueille que 42 % des suffrages des moins de 25 ans. La
fracture générationnelle s'est confirmée dans les urnes. La
meilleure réponse à apporter est une attention sincère aux
aspirations de la jeunesse. Aspiration à l'autonomie, à se former,
à s'insérer durablement sur le marché de l'emploi, aspiration à
s'engager pleinement dans la vie d'adulte et dans le travail. La
réforme de l'Université et l'amélioration des conditions de
réussite des étudiants devront évidemment être une première réponse
à ces attentes.
ur le marché de l'emploi, le diplôme universitaire, pourtant si
décrié, reste la meilleure arme contre le chômage. Les orientations
de toute nouvelle réforme de l'Université doivent converger vers
l'objectif impératif de réussite du plus grand nombre. La priorité
doit enfin être donnée aux premiers cycles universitaires et au
réengagement financier de l'Etat dans les universités. La promesse
faite par Nicolas Sarkozy d'augmenter le budget de l'enseignement
supérieur de 50 % d'ici à 2012 doit trouver ses premières
traductions dès la rentrée. Nous connaissons les clés de la lutte
contre l'échec universitaire : des enseignements individualisés,
une orientation progressive par des enseignements
multidisciplinaires en début de cursus, une pédagogie renouvelée,
des bibliothèques plus accessibles, un nombre plus important de
places dans les filières professionnelles comme les IUT, ou encore
le développement du service public d'orientation par le recrutement
massif de conseillers d'orientations. Les bonnes volontés existent,
tout comme les idées. Ce qui nous manque pour atteindre la même
proportion de jeunes diplômés que les pays concurrents au nôtre,
c'est avant tout des moyens, humains et financiers.

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