C'est toujours un peu bizarre de voir le nom d'un ami en haut d'un livre. Gwenegan a écrit un livre avec Marylise et un certain Serge Bossini (je n'ai pas le plaisir de connaitre ce dernier) portant sur une analyse rencontrée ces derniers mois sur les territoires qu'ils ont parcouru pendant les campagnes électorales.
Je ne peux qu'inviter à aller le découvrir dans vos librairies préférées et vous livre ici la note d'intention des auteurs et dans lire la suite un peu extrait... de cet ouvrage intitulé : Brèves de campagnes, votre avenir vaut mieux que nos querelles !
BREVES DE CAMPAGNE [note d'intention]
La séquence politique qui vient de s’achever est lourde de conséquences pour la gauche. Face à une droite décomplexée, les forces de gauche, issues du mouvement et du progrès social, sont passées pour réactionnaires et conservatrices, en particulier le Parti socialiste, battu lors des trois dernières élections présidentielles.
Dans les cafés, sur les marchés, dans les réunions publiques, dans les journaux, nous avons ferraillé contre des phrases toutes faites qui trouvaient un écho dans chaque discours des candidats de droite. Mais pendant que nous dénoncions les solutions simplistes et les mensonges matraqués, nous n’avons pas pu déployer notre projet ni être audibles et convaincants. Nous nous sommes épuisés à poursuivre des leurres médiatiques et démagogiques. Faute d’avoir mené les combats nécessaires, nous avons perdu l’hégémonie culturelle conquise en 1981.
Une page se tourne. La droite a réussi à imposer sa vision du monde, même si la société ne s’est pas fondamentalement « droitisée ». Nous ne gagnerons pas en restant sur la défensive, et encore moins en nous résignant à une « levée des tabous », qui relèguerait nos convictions les plus fondamentales au rang de souvenirs lointains. La victoire des forces de gauche en 2012 ne sera possible qu’en reprenant la main, avec nos idées, sur la définition de l’espace politique.
Rien ne prédestinait les trois auteurs à se rencontrer, et encore moins à prendre ensemble la parole. Ce livre témoigne du fait que la diversité des carrières, dans la politique ou dans l’administration, la diversité du vote au référendum de 2005, la diversité des âges, la diversité des formations, ne sont pas un obstacle pour travailler ensemble, pour dialoguer et construire des positions communes. Ce livre montre au contraire que les questions de courants, de générations, de professions, ne sont pas un facteur bloquant dans le Parti socialiste, qu’elles sont une richesse et une force lorsqu’elles sont respectées. Ce livre est né d’une expérience commune, pendant les campagnes électorales de 2007 et 2008. Les trois auteurs ont en effet partagé le double sentiment d’une frustration et d’un encouragement. Une frustration parce que le Parti socialiste, ses messages et ses leaders, ne semblaient pas répondre aux attentes de notre société, où se mélangent l’espoir de changements déclencheurs et une forme de résignation, lourde et amère. Un encouragement parce que, malgré cela, la créativité, la solidarité, l’énergie de nos concitoyens restent toujours aussi fortes et prometteuses d’un meilleur avenir. À nous tous de faire que la politique soit l’expression collective de ces aspirations, de ces engagements individuels. À nous tous de faire que la politique soit encore cette force de progrès social et de transformation du monde.
« Les petits territoires vont crever. »
on a entendu…
« on est trop petit, à l’échelle mondiale », « il ne faut pas rêver, il n’y a que trois ou quatre régions (ou Régions ?) qui vont survivre » « il y a trop d’universités en France, c’est du saupoudrage », « il faut être raisonnable, il n’y aura pas de quoi payer un hôpital partout »
Depuis 2007, on assiste à une vertigineuse accélération du déménagement du territoire par la droite : après les tribunaux, les casernes, après les hôpitaux, les universités… La France et les Français n’ont pas besoin de « moins d’État » : nous avons besoin de « mieux d’État », et c’est plus difficile à faire. Les marges de progrès dans l’efficacité des services publics relèvent moins d’un mouvement de concentration géographique et sectorielle accompagnée de réductions d’effectifs que d’une organisation moins cloisonnée, moins sectorisée, des administrations de l’État et de ses établissements publics. Ce sera l’occasion de prendre en compte les nouvelles organisations que permet Internet. Mais surtout, il faut les adapter aux mutations démographiques et sociales rapides qui sont en cours en France.
Il faut dénoncer l’idéologie selon laquelle pour être compétitif il faut être inéquitable. L’État ferait mieux de continuer à structurer le territoire, à le préparer aux enjeux de demain. Les infrastructures portuaires et ferroviaires seront demain déterminantes pour le développement économique, ainsi que les infrastructures de très haut débit (fibres optiques). Les politiques nationales doivent participer à la péréquation territoriale nécessaire pour donner aux collectivités locales les moyens de construire le développement de leur territoire. Car, de la banlieue parisienne aux DOM-TOM, nous sommes tous périphériques !

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